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Fantôme d’amour extrait des Mémoires d’Outre-Tombe de Chateaubriand

22 Mar

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201207251680_zoom« Je me composai donc une femme de toutes les femmes que j’avais vues : elle avait la taille, les cheveux et le sourir de l’étrangère qui m’avait pressé contre son sein ; je lui donnai les yeux de telle jeune fille du village, la fraîcheur de telle autre. …/…

Au sortir de ces rêves, quand je me retrouvais un pauvre petit Breton obscur, sans gloire, sans beauté, sans talents, qui n’attirerait les regards de personne, qui passerait ignoré, qu’aucune femme n’aimerait jamais, le désespoir s’emparait de moi : je n’osais plus lever les yeux sur l’image brillante que j’avais attachée à mes pas. »

fantome-d-amour-1981-05-g

 

Le goût d’un voyage

1 Fév

le voyage au vout de la nuitEn abordant la 14, adossé à la porte, un type téléphonait, tenant à la main, un exemplaire du ‘voyage au bout de la nuit’, Lire la suite

« Not fade away » Jim Dodge

22 Jan

NNot-Fade-Away-Livre-544476830_ML[1]« Not fade away » Jim Dodge, dans une langue plus libre, moins contrainte que la notre nous eussions pu débattre de la création d’un substantif adéquate destiné à remplacer cette périphrase, mieux même, en créer un à notre mesure : le « qui ne se fane pas »  devenant soit inéfannable, inéfannible, inéfanneuse, inéfannive, inéfannieux ou  inéfane, …. D’une beauté diaphane et inéfane, robuste et fragile, sur les nuages et sur nos cœurs elle semble flotter.

Allant et venant, à petits pas, sur les allées pavées quadrillant, délimitant les pelouses du parc bordant la cinémathèque, tel un ecclésiastique  puisant dans son bréviaire le souffle d’un futur sermon, nous achevions donc la lecture d’ « infane » afin de nourrir l’attente de la projection prochaine, imminente, long temps attendue de « vivement dimanche. Nous ne pouvions ignorer la natte à la Heidi serpentant sur le cœur de  l’adolescente à lunettes, et surtout le folio qu’elle lisait, dont deux génuflexions ne suffirent point à venir à bout de la découverte du titre. Au troisième passage, sous notre sourire d’excuse,  la donzelle nous fît la grâce d’en tendre la couverture devant  nos yeux : le bruit  et la fureur ! L’ultime propos, ma phrase chérie, dans Macbeth. Oh, c’est dur, son index, position marque-page indiquant qu’elle parcourait le livre depuis peu. Ah! la partie où parle l’idiot. Oui, je suis en train de m’en rendre compte. L’idiot en moi, salua, et d’une pirouette s’en alla plus loin poursuivre son soliloque décousu.

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Le Bruit et la Fureur William Faulkner

On s’en va toujours plus loin, on va et on vient, on en revient ou on n’en revient pas, on se surprend, on se méprend, mais y va, où çà, on ne sait pas, mais on y va, et plus on va, moins ou plus ça va, cela dépend des cas, plus le loin s’approche, se rapproche, nous rapproche, nous reproche d’être parti, d’avoir pris ce parti, de prendre ce parti, on part pour fuir, pour s’enfuir, pour se fuir, revient on toujours, revient t’on parfois, non jamais l’on ne revient, pas entier en tous cas.

C’était notre instant d’écriture instantanée, un interlude, nous reprenons le cours singulier de notre programme.

RJ. Ellory « A simple act of violence » : « les anonymes »

2 Jan

ElloryAprès le formidable « seul le silence ; a quiet belief in angels », le fracassant, ceux qui l’ont lus savent pourquoi, « a quiet vendetta : Vendetta « , un « Saints of New York : les anges de New York «  bof mais cela tient peut être à un manque de perspicacité de ma part, arrive « A simple act of violence : les anonymes «, dont on se demande comment le livre fut autorisé à paraître sans que la censure y mette son nez ! Dans ce livre, sans doute le meilleur des quatre, en dehors de la trame, dont un lecteur avisé peut percevoir certaines tenants, on explique, en détails, les ressorts quasi secrets de la lutte pour l’hégémonie d’une grande puissance de notre époque, toutes ressemblances, ah, ah, ah, comment a-t-on pu laisser sortir de telles informations, sans doute parce que l’auteur est britannique, qu’il obtint un succès certain avec ses premiers livres, ce qui explique qu’il soit difficile de le censurer, peut être parce que ses quelques millions de lecteurs ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’humanité,, et que nombreux sont ceux qui interpréteront les faits comme une fantasme, une lubie, une licence dramatique de l’auteur sans corrélation avec la réalité. Quand à vous, précipitez-vous sur ce livre.