Archive | juin, 2013

Tiède, mou et remous

30 Juin

Art-food

Le tiède et le mou

 

Du temps où « je » nageais continuellement dans les ondes de la FM, laissant les courants nous emporter, nous emportant parfois, de bruits et de fureurs, menant notre esquif d’un débat à un autre, nous entendîmes maintes fois le gimnick d’un chroniqueur gastronomique de renom, un gonze se la jouant cool, voix suave, décontraction dé-plaisamment travaillée, proférer qu’il convenait de manger tiède et mou plutôt que dur et chaud.

Vous imaginez notre surprise, lorsque dans « la maman et la putain » nous entendîmes – et il convient de payer sa dîme- mentionnée cette même phrase !

Il me souvient, du moins il semble ressortir de mon dressage catholique,- on ne mords bien que la main de ceux qui vous nourrirent-, – et nourrir c’est faire périr un peu -, que Jésus, un type franc comme l’or, pas fier pour deux ronds, un brave mec, s’il exista, avec cette tristesse inhérente au su de sa connaissance de ce que les margoulins qui le suivraient, feraient de ses préceptes – , quoiqu’il se la pétait un peu avec son éloge du coté paternel de ses antécédents – prêchant dans le désert, – vu le train de vie que ses exégètes et adorateurs actuels mèneraient- , la pauvreté, la modestie, le respect, la considération, l’amour pour autrui pour son prochain qu’il proférait.

Il préférait, lui, les chauds brûlants, les violemment glacial au manque de remous des mous et des tièdes, les pas francs du collier, les vous-pouvez-répéter-la-question, les ménageurs de chèvres et de choux, les cloportes du statu quo.

Comme quoi les appréciations divergent, et qui dit verge donne un bâton pour se faire battre !

Quoique puissent être nos implications, ou manque d’implications religieuses du moment, nous nous plaçons résolument du coté des purs, ou impurs, et durs: les aficionados du tout ou rien, vivants, survivants sans commune mesure, les desperados de l’exagération.

Ainsi nous voguons tant bien que mal dans le flot rapide de nos émotions, allant d’une passion à une autre, oubliant, faisant fi de ce qui fut hier notre pain quotidien, notre raison de vivre, le sel de la terre, la matière de nos rêves défunts.